• Le Monde Blanc et noir des superhéros

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    Hey les gens ! Voilà longtemps que je voulais faire cet article, et que je ne vous avais pas embêtés avec les superhéros. Alors je me lance :3 Il est un peu long, et la mise en page est nulle, je vous l'avoue ;-; Mais comme je viens de voir Justice League, c'est le moment de le publier, vous comprenez ? :) J'espère que cela ne vous rebutera pas trop !

     

    Cet article a pour d'expliquer et de remettre en cause l'idée reçue la plus répandue sur l'univers des superhéros : les superhéros sont manichéens. Vous êtes tous intelligents, ici, mais rappelons quand même que "manichéen" signifie blanc et noir, bon ou mauvais, et pas d'entre deux. Une affirmation justifiée... et fausse. Je pourrais dresser un raisonnement similaire pour Star Wars ou pour Disney - ces superproductions américaines souvent violemment critiquées. Je me suis déjà bien énervée, au sujet de Disney, dans le commentaire d'un article de Farness ; alors, bon, je ne vais pas le refaire. Parlons des super-héros maintenant :3

    Lil' Info : Cet article nécessite un peu de connaissance des superhéros, parce que, bon, je vais pas tout réexpliquer. Il peut aussi contenir pas mal de spoiler, à vous de voir si vous tentez le risque... :3

     

    Les superhéros sont le modèle du bien et du mal

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    Contredire le fait que le monde des super-héros est celui du Bien et du Mal serait une absurdité totale. C'est indéniable, ils suivent toujours ce schéma simple ; un grand méchant surgit quelque part, un héros se dresse pour sauver le monde, et généralement, le gentil gagne et le méchant est gentiment envoyé dans une prison ou un asile où il méditera ses crimes pour le reste de ses jours. Contextualisons un peu. Les super-héros ne sont que les héritiers mythologico-scientifiques de ces héros grecs qui bravent tous les dangers pour sauver leur famille ou leur cité. Il y aurait des tas de choses à dire sur eux, au passage ; mais ce n'est pas le sujet. Ainsi, Superman est Héraklès, le héros surpuissant auquel rien ne résiste, et Wonder Woman est elle-même la fille de Zeus et de la reine Hippolyte. Les mythologies sont très présentes dans l'univers des superhéros : que ce soit la grecque, la nordique avec l'univers de Thor, ou encore le mythe de l'Atlantide avec Aquaman.  Depuis l'Illiade et même bien avant, la notion de l'épopée, de la lutte symbolique entre le Bien et le Mal, est inculquée aux hommes.

    Il faut aussi se rappeler que les superhéros marquent leur acte de naissance en 1938 avec la publication du premier numéro d'Actions Comics et le personnage de Superman.A cette époque, le climat mondial est tendu : on vient d'encaisser la Première Guerre Mondiale, la crise de 1929 et on observe la montée des totalitarismes en Europe - Staline, Mussolini, Hitler et bientôt Franco - qui va aboutir à la Seconde Guerre Mondiale. De tous temps, les genres littéraires et artistiques ont reflété les moeurs de m'époque et ça ne manque pas pour les superhéros : le monde avait, en quelque sorte, besoin de héros fictifs qui viendraient les sauver du plus grand mal et redoreraient leur nation. Et oui, les superhéros ont été utilisés pour la défense du modèle Américain. On cite souvent à cet égard Captain America, qui s'est battu contre les Allemands, puis contre les soviétiques. Les superhéros ont longtemps été instrumentalisés et ils le sont toujours. J'ai lui un article répertoriant la sortie de nouveaux films Superman : celui-ci ressurgit en chaque crise, comme pour éclairer le monde d'une lueur d'espoir bleu et rouge. C'est loin d'être un pur divertissement, du moins dans ses origines ; le superhéros n'est pas neutre.

    Il y a aussi une chose à noter, qui n'est pas très cool pour les Etats-Unis, mais qui explique un peu tout : les Etats-Unis croient encore au rêve Américain. Puisqu'il s'agit d'une nation cosmopolite, avec 6 langues officielles, formée par les arrivées de migrants qui rêvaient d'un eldorado, une nouvelle nation de paix sans barrière sociales où les cultures se mélangeraient pour former un "homme nouveau" - je ne développerais pas ici sur l'effondrement de cet idéal, tout le monde sait de quoi je parle - ; eh bien cet idéal est fermement ancré dans la culture étasunienne, et ils cherchent à tout prix à le défendre et le projeter dans le monde. Le cinéma américain, Hollywood tient beaucoup de ça : faire admirer au monde ce modèle américain. Mais attention à ne pas le considérer comme le "mal" (oh, les méchants américains veulent dominer le monde) Il Y A de ça, c'est indéniable. Mais il y a aussi un interventionnisme, la résolution de conflits, la recherche d'une paix mondiale et ça aussi est profondément ancré dans le culture américaine. Revenons à notre sujet pour que je me perde dans une dissertation d'histoire-géo... Les superhéros sont l'exemple par excellence de cette volonté de projeter le modèle Etasunien. Cela peut être élargi à tout le cinéma d'action à gros budjet : on met en place une menace, la plus énorme possible, et on prouve que les Etats-Unis sont prêts à riposter - ici, en la figure de superhéros bleu et rouge que sont Superman, Wonder Woman, Captain America, Spider-man.

    Alors voilà : projetion du modèle américain, souci d'apporter de l'espoir dans un contexte difficile et héritage des héros antiques sont à l'origine de ce modèle bilatéral : les bons d'un côté, les méchants de l'autre. Mais le genre a évolué, s'est nuancé, et surtout, cette opposition entre bons et mauvais a été le prétexte d'une analyse des moeurs humaines - pas la plus fine qui soit, mais au contraire la plus populaire, pour faire passer au monde entier l'idée qu'un gentil n'est pas forcément, ni toujours gentil, et qu'il en va de même pour un méchant.

     

    Les méchants ont (presque) toujours une histoire

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     Voilà un autre méchant bien connu de l'univers de Batman : Double-face. Je me base uniquement sur The Dark Knight, mais voilà ce que l'on peut en dire : Ancien agent de la police qui plaçait le monde entier dans un jeu de Pile ou Face, Harvey Dent fut à moitié brûlé lors d'une magouille du Joker où il a voulu prendre la place de la femme qu'il aime. Devenu fou, il est obsédé, justement, par cette bipolarité : le bien, le mal ; vivre, mourir ; l'amour, la haine, etc. De nombreux autres méchants, avant et après lui, sont sujets à la folie : le plus connu d'entre eux est bien sûr le Joker, mais il y a aussi Le Bouffon Vert, rendu schizophrène après une expérience qui a mal tourné, ou Killer Frost, schizophrèene elle aussi, dans l'univers de The Flash. Cela semble normal, il faut une certaine folie pour devenir un tueur psychopathe... Mais il y en a d'autres, rendus fous sans substance illicite, juste par vengeance, parce que quelque chose leur a été enlevé, ou qu'ils ont été brisés. Si Docteur Octopus est contrôlé par ses bras maléfiques, il a cependant un motif : son travail a été anéanti et sa femme lui a été retirée. Et je ne parle même pas de Harry ! déterminé à venger la mort de son père, le meilleur ami de Peter est animé par une rage de plus en plus violente qui le conduit à être possédé par l'esprit du Bouffon Vert. Oui, je ne parle que de Spider-man depuis tout à l'heure et je n'ai pas fini : L'Homme de Sable devient un criminel pour pouvoir guérir sa fille malade, et le méchant d'Homecoming  ne cherche qu'à nourrir sa famille. Des méchants "purs", à part quelques Lex Luthor et Thanos (malheureusement les plus "grands" méchants respectivement de Superman et du MCU), il n'y en a pas. De plus, la proximité du méchant avec le héros est un facteur d'humanisation de celui-ci. Le Bouffon Vert est le père de Harry, Harry lui-même le meilleur ami de Peter, et Killer Frost la meilleure amie de Barry. "A villain is just a story that has not been told", disait très justement une épingle de Pinterest...

     

     Des gentils pas si gentils que ça

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    Ach ! Enfin ! Nous nous attaquons à la grande spécialité de Marvel : les antihéros. Chez DC, le modèle de l'antihéros est Batman : associal, dark et violent, il combat le mal pour se défaire de ses démons. Mais le sujet est bien plus expérimenté chez Marvel : Ant-Man est un voleur, Deadpool un criminel, les Gardiens de la Galaxie formés d'un hors-la-loi, deux chasseurs de prime, un criminel et la fille adoptive du grand méchant, Renan. Ce n'est pas seulement l'histoire de criminels qui se rachètent en faisant de bonnes actions ; mais surtout la preuve qu'un hors-la-loi n'agit pas forcément par "méchanceté", mais par un concours de circonstances qui le conduisent à voler de l'argent, assommer des gardes et parfois tuer. Et là aussi, chacun a son motif : le mariage raté d'Ant-Man, sa situation difficile avec sa fille, Drax veut se venger, Deadpool a simplement mal tourné, avant d'être torturé par une organisation maléfique, ce qui lui donnera son immortalité, Rocket a été modifié génétiquement, et ainsi de suite. Le cas du Soldat de l'Hiver nous montre bien comment un ami peut devenir un ennemi, puis se retourner à nouveau. Si on veut revenir un peu à DC comics, Catwoman est une ancienne cambrioleuse qui décide finalement d'agir pour la justice.

    Et parlons du Shield maintenant : Natasha, a.k.a Black Widow, a été entraînée dès l'enfance à devenir une machine à tuer. Le Shield lui-même est divisé entre ceux qui veulent tuer toutes les potentielles menaces d'un seul coup, et ceux qui préfèrent attendre d'être attaqués. Même dans le camp des "bons", donc, des magouilles s'organisent, des conflits se forment. Et je ne vous parle même pas d'Ultron, la plus grosse erreur d'Iron Man, qui s'est pris pour un Dieu capable de prévoir les menaces et de les éviter avant l'heure. On est bien loin, ici, du modèle classique des bons contre les méchants. Le bon a un passé obscur et encore ces côtés "antihéros", le méchant peut finalement devenir un allié, et plus que ça : au sein du Bien, des conceptions divergeantes de l'ordre du monde, de la façon dont l'aider et l'améliorer, s'opposent et créent les conflits. Oui... Pour être vraiment convaincus de ça, je vous renvoie au Soldat de l'hiver. Au sein de ce film se dressent des relations complexes, des divisions au sein de Shield, des oppositions politiques et philosophiques. Un peu compliqué, par ailleurs - ce film est sensé être plus clair lorsqu'on a regardé la série Agents of Shield, ce qui n'est pas (encore) mon cas...

     

    Des gentils imparfaits

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    Je poursuis ici mon développement sur Marvel - Tony Stark a fait fortune en vendant des armes ! Hulk détruit des villes sur son passage, lorsqu'il est en crise ! Et que ne parle-t-on de l'orgueil démesuré de Thor, qui le conduit à perdre sa couronne et son marteau ? En réalité, les personnages Marvel sont tous soumis, avant tout, à des problématiques humaines. Si Tony Stark a fait fortune en vendant des armes et pas des bouquets de fleurs, ce n'est pas anodin. Rappelons qu'il est le films du formidable inventeur Howard Stark, entre autres le créateur du sérum qui a fait Captain America et son bouclier. Le fait qu'il soit vendeur d'armes montre bien une réalité : Howard considérait qu'on n'établit pas la paix dans le monde sans dégâts, même très gros. (Opinion partagée par les Etats-Unis, en quelque sorte). C'est pour s'opposer à ça que Tony devient Iron Man : un homme qui risque sa vie à la place de centaines de soldats - c'est aussi ça, le superhéros, ne l'oublions pas. Et puis les héros sont incertains, imparfaits, ils font des erreurs (comme le Spider-man de Homecoming), ont comme nous des problématiques familiales ou affectueuses. Les X-Men sont connus pour ça : Au moment où DC revient en force avec les Teen Titans (je crois bien), Stan Lee riposte avec cette nouvelle génération de héros soumis à des problématiques plus humaines. Mais je ne pourrais pas développer là-dessus, n'ayant encore jamais vu un X-Men... (c'est mal, je sais).

    Vous vous demandez peut-être où a disparu DC dans tout ça. Eh bien, si l'opposition est traditionnellement DC = superhéros surpuissants, divins, classiques/ Marvel = antihéros badass un peu plus complexes ; elle ne se justifie pas totalement. J'ai déjà parlé de Batman et de son immense galerie de personnages tous plus fous les uns que les autres, mais riches et nuancés. Il y a aussi Arrow, qui est un criminel à la base, dont le père était un hors-la-loi et dont il a décidé de traquer tous les anciens compagnons. (Je ne suis pas du tout une experte d'Arrow, si vous l'êtes, vous pouvez me corriger). Dans la série The Flash, il est intéressant de remarquer que tous les méchants ont en fait été crées par Flash lui-même, qui ne cesse de mettre le bazar en jouant avec le le temps et les dimensions du multivers. Suicide Squad est bien une tentative de montrer les aspects humains de ces "bads boys", mais elle n'est que partiellement réussie. Ne parlons pas de Batman VS Superman, qui fait perdre toute crédibilité aux héros... Les studios DC cherchent trop à ressembler à Marvel et ça ne leur correspond pas. Mais les séries sont bien *^* (et les films cool aussi, ne le nions pas ;))

    Le Mal personnifié ?

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    Il arrive que les personnages n'agissent pas par folie ou par schizophrénie, mais parce qu'ils sont animés par une force alien intérieure qui les pousse à agir. J'en ai repéré deux : le Vénom, dans Spider-man, sorte de bactérie extra-terrestre qui s'est échouée sur terre et depuis prend possession des gens désespérés ou malheureux - tel un ayakashi - ; et Arès dans Wonder Woman. Je ne sais pas vraiment comment les classer : d'un certain côté, ces figures sont des personnifications du mal, comme si le Mal avec un grand M existait réellement ; mais de l'autre, ce ne sont que des forces qui excitent les passions naturelles des hommes et sans les hommes, celles-ci n'auraient aucun pouvoir. Ces deux créatures sont donc à la fois l'affirmation que le Mal existe et que le Mal se situe, en réalité, dans le coeur des hommes. Au risque de vous spoiler la fin de Wonder Woman, j'étais déçue, personnellement, qu'Arès existe. pour moi, la quête naïve de Wonder Woman de trouver un responsable à la Première Guerre Mondiale devrait se cerner par un échec, puisque la guerre est le fait des Hommes, et non des dieux. Ou alors, j'aurais aimé qu'Arès soit une femme - j'avais ma théorie à ce sujet -, ça aurait été autrement intéressant. Mais dans certains débats, on m'a convaincue que la fin du film est bien telle qu'elle est : il ne déroge pas à la règle absolue du monde des superhéros selon laquelle le Mal existe, mais Arès ne fait qu'exciter des passions existantes et dresser des magouilles pour pimenter un peu les choses - de plus, Wonder Woman recherche bien à tuer quelqu'un pour le Bien ; et est même tentée de rejoindre Arès dans a destruction de cette humanité pervertie. Ah, la tentation du héros, auquel celui-ci ne cède jamais (c'est parce que ceux qui cèdent sont classés comme les "méchants"), en voilà un thème affreusement classique ! Luke, Frodon, Harry Potter, et j'en passe. Vous voyez que les héros ne sont jamais si blanc qu'on le dit ?

     

    ***

    Voilà, j'en est fini de cet article-disserte encore une fois beaucoup trop long. J'espère que certains auront le courage de tout lire et d'en parler après - on est loin d'avoir tout dit, et il y a matière à débattre. Sur ce, bonne soirée ! :)


  • Commentaires

    1
    Samedi 11 Novembre à 12:51

    C'est super intéressant ! Quand tu as parlé d'un Harry qui voulait venger la mort de son père, meilleur ami de Peter, j'ai sérieusement cru que tu faisais une parenthèse sur Harry Potter... Mais j'ai compris que non...

    • Voir les réponses
    2
    Mercredi 29 Novembre à 14:13

    JE VIENS DE ME RENDRE COMPTE QUE TU AS ECRIT MONTEE DES REGIMES TOTALITAIRES ! J'AI PASSE DEUX HEURES SUR UNE SYNTHESE DESSUS IL Y A DEUX JOURS !



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